Marché
Voitures neuves en 2026 : la vérité sur ce que veulent vraiment les acheteurs
Immatriculations en berne, malus écologique durci, électrification record : panorama chiffré du marché du neuf en France en 2026, et ce que ça change pour votre prochain achat.

Étude & tendances marché

Hybride plébiscité, prix qui freine l'électrique, fidélité de marque en chute libre : la grande étude Deloitte 2026, menée auprès de 28 500 acheteurs de voitures neuves dans 27 marchés, bouscule quelques idées reçues sur ce qui fait vraiment vendre une voiture neuve en 2026.

Chaque année, l'étude Deloitte sur les consommateurs automobiles sert de boussole au secteur. L'édition 2026, construite à partir des réponses de plus de 28 500 consommateurs dans 27 marchés à travers le monde, dessine un profil d'acheteur de voiture neuve très différent de celui qu'on imaginait il y a encore trois ans : moins pressé de passer au 100 % électrique, très sensible au prix, de moins en moins fidèle à une marque, et de plus en plus attentif à la qualité du service après-vente. Voici ce que cette étude change concrètement pour qui prépare l'achat d'une voiture neuve en 2026.

L'hybride, grand gagnant de l'indécision

C'est la donnée la plus structurante de l'étude : dans la quasi-totalité des marchés interrogés, l'hybride devance largement le 100 % électrique dans les préférences d'achat pour une prochaine voiture neuve. En Belgique, marché européen comparable à la France par sa structure de flotte et son régime de fiscalité automobile, les acheteurs se répartissent ainsi : 45 % préfèrent encore l'essence ou le diesel, 31 % l'hybride, et seulement 12 % un véhicule 100 % électrique pour leur prochain achat.

Préférence de motorisation pour la prochaine voiture neuve, Belgique 2026

Ce n'est pas un cas isolé. Comparée aux autres grands marchés étudiés par Deloitte, la Belgique se situe dans la moyenne haute pour l'hybride, entre le Japon et la Corée du Sud, où la technologie est installée depuis longtemps, et des marchés comme les États-Unis où l'offre hybride reste moins dense.

Part des acheteurs qui préfèrent l'hybride pour leur prochaine voiture neuve, par marché

L'hybride agit comme un compromis rassurant : il répond à la pression réglementaire et fiscale sur les motorisations thermiques, sans imposer le changement d'habitudes qu'exige encore une voiture neuve 100 % électrique (autonomie, recharge, revente). Pour un acheteur qui hésite, c'est aujourd'hui le choix le moins risqué.

Données Deloitte Belgique · 2026

Préférence de motorisation pour la prochaine voiture neuve, Belgique 2026

50% 25% Essence ou diesel : 45 % des acheteurs belges le préfèrent en 2026 45% Essence / diesel Hybride : 31 % des acheteurs belges le préfèrent en 2026 31% Hybride 100 % électrique : 12 % des acheteurs belges le préfèrent en 2026 12% 100 % électrique

Source : Deloitte Belgique, Global Automotive Consumer Study 2026. Reste des répondants : hydrogène, GPL ou indécis.

Le revenu reste le vrai filtre à l'électrique

L'étude confirme aussi que l'appétence pour le 100 % électrique reste très corrélée au niveau de revenu. En Belgique, les acheteurs à bas revenus (moins de 27 000 € par an) ne sont que 6 % à envisager un véhicule électrique, contre 20 % chez les hauts revenus (48 100 € et plus). Un écart de plus du triple, qui explique pourquoi le discours "l'électrique va s'imposer partout" se heurte encore à la réalité du pouvoir d'achat sur le marché du neuf.

Données Deloitte · comparaison internationale

Part des acheteurs qui préfèrent l'hybride pour leur prochaine voiture neuve, par marché

40% 20% Corée du Sud : 41 % préfèrent l'hybride 41% Corée du Sud Japon : 37 % préfèrent l'hybride 37% Japon Belgique : 31 % préfèrent l'hybride 31% Belgique Chine : 27 % préfèrent l'hybride 27% Chine Royaume-Uni : 27 % préfèrent l'hybride 27% Royaume-Uni États-Unis : 21 % préfèrent l'hybride 21% États-Unis

Source : Deloitte, 2026 Global Automotive Consumer Study, synthèse par marché.

Le prix, frein n°1 à l'achat d'une voiture neuve électrique

Sans surprise, l'argent reste le nerf de la guerre. Interrogés sur ce qui freine le plus leur passage à l'électrique pour leur prochaine voiture neuve, les acheteurs belges citent en premier lieu la surprime à l'achat, loin devant les autres freins classiques (autonomie, recharge).

Prix, frein n°1 à l'électrique

43%

citent la surprime à l'achat comme principal frein

Économies de carburant

37%

citent les économies de carburant comme principal moteur d'achat

Ce que confirme aussi l'étude : le prix n'est pas seulement un frein à l'électrique, c'est le critère n°1 de l'achat neuf en général. 51 % des acheteurs belges placent la qualité et le prix en tête de leurs critères de choix, loin devant la performance pure du véhicule (27 %) ou l'image de marque. Autrement dit : en 2026, une voiture neuve se vend d'abord sur son rapport qualité-prix, quelle que soit sa motorisation.

La fidélité de marque s'effondre

Voici sans doute le signal le plus inconfortable pour les constructeurs : la fidélité de marque, longtemps un pilier du marché du neuf, se délite à grande vitesse. En Belgique, 48 % des acheteurs roulent aujourd'hui dans une marque différente de celle de leur véhicule précédent. Une bascule quasi générale, qui touche tous les marchés étudiés par Deloitte, avec des intensités très variables selon les zones du monde.

Part des acheteurs qui envisagent de changer de marque pour leur prochain achat

Le Japon reste le marché le plus fidèle au monde (à peine 41 % d'intention de changement), porté par un tissu de concessionnaires historiques et une offre hybride domestique très dense. À l'inverse, la Chine affiche un taux de volatilité record de 72 %, sur un marché où les nouvelles marques locales, souvent électriques, cassent les repères plus vite qu'ailleurs. Pour un acheteur de voiture neuve aujourd'hui, la marque pèse donc de moins en moins face au prix, à l'équipement et à la qualité de service réellement proposée.

Marché le plus volatil : Chine

Part des acheteurs qui envisagent de changer de marque pour leur prochain achat

60% 30% Japon : 41 % envisagent de changer de marque au prochain achat 41% Japon Allemagne : 44 % envisagent de changer de marque au prochain achat 44% Allemagne États-Unis : 53 % envisagent de changer de marque au prochain achat 53% États-Unis Corée du Sud : 55 % envisagent de changer de marque au prochain achat 55% Corée du Sud Asie du Sud-Est : 67 % envisagent de changer de marque au prochain achat 67% Asie du Sud-Est Chine : 72 % envisagent de changer de marque au prochain achat, le taux le plus élevé de l'étude 72% Chine

Source : Deloitte, 2026 Global Automotive Consumer Study. Intention de changer de marque au prochain achat, données non comparables à la mesure belge (changement déjà constaté).

Le neuf face à la tentation de l'occasion

Autre enseignement utile pour quiconque prépare l'achat d'une voiture neuve : l'intérêt pour l'occasion progresse, en particulier chez les jeunes acheteurs. En Belgique, 37 % des acheteurs déclarent aujourd'hui préférer un véhicule d'occasion à un véhicule neuf, une proportion qui grimpe à 55 % chez les 18-34 ans.

Préférence pour l'occasion (ensemble)

37%

des acheteurs belges préfèrent un véhicule d'occasion

Préférence pour l'occasion (18-34 ans)

55%

chez les jeunes acheteurs, contre 37 % en moyenne

Le mode de financement raconte la même histoire par un autre biais : 80 à 82 % des achats de véhicules d'occasion se font comptant, contre 80,5 % des achats de voitures neuves financés par un crédit. Le neuf reste donc majoritairement un achat à crédit, ce qui le rend structurellement plus sensible aux taux d'intérêt et au budget mensuel disponible, deux paramètres que l'occasion permet largement de contourner.

La confiance se joue sur le service, pas sur la marque

Dernier grand enseignement, et sans doute le plus actionnable pour un site dédié à la voiture neuve : la confiance des acheteurs se construit très majoritairement autour du concessionnaire qui assure l'entretien, bien plus qu'autour du constructeur lui-même. En Belgique, 68 % des acheteurs déclarent privilégier le concessionnaire pour l'entretien de leur véhicule.

Sur presque tous les marchés étudiés, le concessionnaire local devance donc le constructeur en matière de confiance, la Corée du Sud faisant figure d'exception. Le rapport souligne que la qualité du travail effectué et la transparence sur les prix et les prestations sont les deux critères qui pèsent le plus dans ce choix, bien avant la notoriété de la marque. Pour un acheteur de voiture neuve, cela confirme qu'un bon réseau après-vente reste un argument de poids, souvent plus décisif qu'un badge sur le capot.

Connectivité et mises à jour à distance : un signal fort ailleurs, timide en Europe

L'étude interroge aussi les acheteurs sur leur rapport aux mises à jour logicielles à distance (OTA) de leur véhicule neuf. Les écarts entre zones du monde y sont spectaculaires. En Inde, 84 % des acheteurs déclarent que des mises à jour OTA régulières les inciteraient à garder leur voiture plus longtemps, contre 72 % en Asie du Sud-Est et en Chine. À l'autre bout du spectre, seuls 32 % des acheteurs japonais et 36 % des acheteurs allemands partagent cet avis, l'Europe restant globalement plus réservée sur la voiture connectée comme argument de fidélisation.

Pour un marché européen comme la Belgique ou la France, ce chiffre doit se lire avec prudence : l'appétit pour la voiture logicielle existe, mais il reste très inférieur à ce qu'on observe en Asie, où l'OTA est devenu un vrai critère d'achat pour une voiture neuve, presque autant que le prix ou la motorisation.

Ce que ça change pour un achat de voiture neuve aujourd'hui

Assemblées, ces données dessinent un acheteur de voiture neuve 2026 plus pragmatique qu'idéologique : il privilégie l'hybride comme option la moins risquée, il regarde le prix avant la motorisation ou la marque, il n'hésite plus à changer de constructeur d'un achat à l'autre, et il fait davantage confiance à son garage habituel qu'à une campagne publicitaire. Trois réflexes concrets en découlent pour qui prépare son prochain achat : comparer systématiquement le coût total (prix, malus, entretien) plutôt que la seule vignette écologique ; ne plus se fermer à une marque par habitude, tant l'écart de prix et de service peut être important d'un constructeur à l'autre ; et vérifier la qualité du réseau après-vente local avant de signer, puisque c'est lui, davantage que le logo, qui conditionnera la satisfaction sur la durée.

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